Tous les lundis matin, vers 8h15, j’ouvre Claude et ChatGPT en parallèle et je lance entre 4 et 8 prompts récurrents. C’est devenu un réflexe, comme se servir un café.
Au fil des mois, j’ai construit une bibliothèque de prompts que j’utilise chaque semaine. Certains me font gagner 90 minutes. D’autres, je les ai virés parce qu’ils produisaient du contenu inutilisable malgré leur jolie apparence.
Voici 11 prompts que j’utilise vraiment. Pas des prompts génériques pondus pour un article LinkedIn. Des prompts testés, ajustés, qui font le boulot. Et à la fin, les 3 que j’ai abandonnés, et pourquoi.
Source : McKinsey, The State of AI – Global Survey 2024 (mai 2024, 1 363 répondants) — voir la source
Avant les prompts : le contexte que je donne toujours
Une chose que peu de guides mentionnent : 70% de la qualité d’un prompt vient du contexte injecté avant. Je commence toujours mes sessions par un message-cadre.
Exemple type : « Tu es mon assistant stratégique. Je dirige Digitalizor, agence française d’IA et de growth marketing basée à Paris. 20 ans d’expérience, B2B principalement, clients PME et scale-up. Style direct, sans fluff. Réponds en français. Pose des questions de clarification si tu manques d’info plutôt que d’inventer. »
Cette amorce de 60 mots change radicalement la qualité de tout ce qui suit. C’est l’investissement le plus rentable de ma routine.
Les 11 prompts de mon arsenal hebdomadaire
1. Le résumé exécutif à partir d’un meeting
« Voici la transcription brute d’un rendez-vous client (collée ci-dessous). Produis : (a) un résumé exécutif en 6 puces maximum, (b) la liste des décisions actées, (c) les actions à suivre avec porteur et délai, (d) les 2 ou 3 zones de flou qui méritent d’être clarifiées avec le client. Reste factuel, ne brode pas. »
Gain mesuré : 25 minutes de compte-rendu manuel → 4 minutes de relecture-validation.
2. Le challenger de stratégie
« Voici ma proposition de stratégie pour [contexte client]. Avant que je l’envoie, joue le rôle d’un consultant senior contradicteur. Liste les 5 angles d’attaque les plus probables qu’un dirigeant sceptique va soulever. Pour chaque, propose une contre-mesure ou un point de vigilance. »
Ce prompt m’a évité au moins 3 fois de partir avec une proposition incomplète. Inestimable.
3. Le brief commercial inversé
« Voici les notes brutes de mon premier appel découverte avec [prospect]. Reconstitue le brief de mission tel que le prospect le rédigerait lui-même : ses mots, ses priorités, ses critères de choix implicites. Sois minutieux sur ce qu’il a dit, n’invente rien, signale par [?] les zones non couvertes. »
Le résultat sert ensuite de base pour le devis. Et je le renvoie au prospect pour validation. Effet bluffant côté perception de professionnalisme.
4. La newsletter du dimanche
« Voici 4 sujets traités cette semaine sur mes missions clients (anonymisés) : [liste]. Choisis le plus intéressant pédagogiquement pour un dirigeant de PME. Rédige une newsletter de 280 mots maximum, ton direct, structure : 1 anecdote ouvrante, 1 enseignement clé, 1 question pour engager la réponse. »
J’ai gagné 2 heures de rédaction par semaine et augmenté mon taux de réponse aux newsletters de 4,2% à 11,7%.
5. Le briefing presse imminent
« Un journaliste de [média] me contacte pour parler de [sujet]. Voici son article précédent : [URL]. Produis : (a) sa probable angle, (b) les 3 questions qu’il va poser en priorité, (c) mes 3 messages clés à faire passer en moins de 30 secondes chacun, (d) les pièges à éviter. »
Utilisé deux fois en 6 mois. Les deux fois, journaliste impressionné, citation directe dans son papier. Ça paye.
6. L’audit d’écriture personnel
« Voici un texte que j’ai écrit (collé ci-dessous). Sans le réécrire, fais-moi une analyse en 3 points : (a) ce qui sonne juste et naturel, (b) les passages qui paraissent forcés ou jargonneux, (c) une suggestion concrète d’amélioration sans trahir mon ton. »
Le secret ici : interdire la réécriture. L’IA garde ainsi son rôle d’œil critique sans me déposséder de ma plume.
7. Le détecteur de risque contractuel
« Voici un contrat de prestation envoyé par un client (PDF en pièce jointe). Identifie : (a) les 3 clauses les plus risquées pour moi en tant que prestataire indépendant, (b) les manques (assurance, propriété intellectuelle, RGPD, sortie de mission), (c) les formulations vagues à clarifier. Pas d’avis juridique, juste un repérage. »
Je relis ensuite manuellement et je consulte mon avocat sur les vrais points critiques. Économie : 75% du temps de pré-revue.
8. La revue de Pipedrive / Hubspot
« Voici un export CSV de mon pipeline commercial (colonnes : prospect, secteur, montant, dernière interaction, étape). Donne-moi : (a) les 5 opportunités à relancer en priorité cette semaine et pourquoi, (b) les 3 deals qui semblent à risque, (c) une statistique non-évidente sur la composition de mon pipeline. »
Le point (c) m’a un jour fait découvrir que 62% de mon pipeline venait de prospects de secteur industriel, alors que mon marketing ciblait à 80% le SaaS. Pivot stratégique immédiat.
9. Le post LinkedIn anti-fadeur
« Voici une idée que j’ai en tête pour un post LinkedIn : [idée brute]. Joue le rôle d’un éditeur exigeant. Pose-moi 5 questions précises pour transformer cette idée en post percutant. Une fois mes réponses obtenues, propose 3 angles d’attaque distincts. »
Le secret : forcer l’IA à m’interroger avant de produire. Le résultat final est toujours plus fort que si on lui demande directement de « rédiger un post ».
10. La préparation de comité de direction
« J’interviens demain en comité de direction d’un client (entreprise [secteur], [taille], dirigée par [profil DG]). Sujet : [thème]. Identifie : (a) les 3 préoccupations probables du DG, (b) les 2 angles que le DAF va probablement creuser, (c) les 2 objections classiques que je vais devoir désamorcer dès l’intro. »
30 minutes de préparation devenues 10 minutes, avec une couverture meilleure.
11. Le retour de mission sec
« Voici les éléments clés d’une mission qui vient de se terminer (objectif, livrables, retours client). Produis un retour de mission interne en 200 mots : ce qui a marché, ce qui a coincé, ce que je dois retenir pour les prochaines missions similaires. Ne flatte pas, sois clinique. »
Capitaliser sur ses missions est rarement spontané. Ce prompt force la discipline.
Les 3 prompts que j’ai abandonnés
1. Le prompt « rédige un email à mon client »
Trop générique. L’IA produit toujours quelque chose de propre et de fade. Et surtout, l’email ne porte plus ma signature stylistique. Mes clients me l’ont gentiment fait remarquer. Je m’en charge moi-même désormais.
2. Le générateur d’idées d’articles
Pondre 30 idées de sujets de blog en deux minutes ? Facile. Mais les sujets générés sont systématiquement médians, déjà couverts mille fois, sans angle personnel. Mes meilleures idées de contenu viennent toujours d’un cas client réel. L’IA ne peut pas inventer ça.
3. Le résumé d’article long
J’utilisais l’IA pour résumer les longs articles que je n’avais pas le temps de lire. J’ai arrêté. Le résumé fait illusion mais escamote les nuances cruciales. Je préfère lire 3 articles à fond chaque semaine plutôt que survoler 12 résumés trompeurs.
Le truc le plus important que j’ai appris
Aucun prompt ne remplace un cerveau qui sait ce qu’il cherche. Les meilleurs prompts sont ceux où je suis déjà 80% clair sur l’output attendu, et où l’IA m’aide simplement à passer du 80% au 95%.
Si tu démarres une session ChatGPT en espérant qu’elle te trouve une stratégie, tu ressortiras avec du bruit. Si tu démarres en lui demandant de challenger TA stratégie, tu en sortiras grandi.
FAQ rapide
Quel modèle utiliser pour ces prompts dirigeants ?
Pour les prompts stratégiques (analyse, challenge, synthèse), je privilégie Claude Sonnet 4.5 qui produit des réponses plus nuancées. Pour les prompts opérationnels (résumés, extractions, classements), GPT-4o ou GPT-5 nano fonctionnent très bien et coûtent moins cher en API.
Faut-il payer une version pro de ChatGPT ou Claude ?
Pour un dirigeant qui utilise ces prompts quotidiennement, l’abonnement Plus à 23 € par mois est rentabilisé en moins d’une semaine. La limite des modèles avancés sur la version gratuite devient frustrante dès 4 ou 5 prompts par jour.
Comment éviter que l’IA ne hallucine sur ces prompts ?
Trois pratiques permettent de réduire drastiquement les hallucinations : injecter un contexte précis dès le premier message, demander explicitement à l’IA de signaler par [?] les zones de doute, et toujours fournir le matériel source (extraits, transcriptions, exports) plutôt que de demander à l’IA de « deviner ».
🔗 Pour aller plus loin
- ▸7 frameworks d’agents IA testés — quand vos prompts deviennent des workflows automatisés.
- ▸L’IA générative et le consultant augmenté — comment l’IA change le métier des dirigeants-conseil.
- ▸Penser une entreprise AI-First — le guide complet pour transformer votre organisation.
- ▸n8n vs Make vs Zapier — automatiser l’exécution des prompts récurrents.
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